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Juridique · 2026-10-11

Un étranger peut-il acheter un riad au Maroc ?

Oui, librement, et la médina de Marrakech ne fait pas exception. Ce que la loi permet, la seule vraie restriction, et les trois points à régler avant de signer quand on achète depuis l'étranger.

En bref : un étranger peut acheter un riad au Maroc dans les mêmes conditions qu'un Marocain. Aucune autorisation préalable, aucune obligation de résidence. La seule restriction concerne les terres agricoles, ce qui exclut de fait la médina.

C'est la question qu'on nous pose le plus souvent, et la réponse est simple. Le droit marocain n'interdit pas à un étranger, résident ou non, d'acquérir un bien immobilier urbain : maison, appartement, riad, local commercial ou terrain constructible. L'acquisition se fait devant notaire ou devant adoul, exactement comme pour un acheteur marocain.

Ce que la loi permet

  • Acheter en nom propre, seul ou à plusieurs, sans être résident au Maroc.
  • Acheter au travers d'une société marocaine (une SARL, le plus souvent), y compris détenue à 100 % par des étrangers.
  • Exploiter le bien en maison d'hôtes ou le louer, sous réserve des autorisations propres à l'activité touristique.
  • Revendre, et rapatrier le produit de la vente lorsque l'achat a été financé en devises.

La seule vraie restriction : les terres agricoles

Les terres à vocation agricole situées hors des périmètres urbains ne peuvent pas être acquises par une personne physique étrangère. Cette règle ne concerne pas la médina de Marrakech, qui est en zone urbaine. Elle peut en revanche concerner une propriété de la Palmeraie ou de la route de l'Ourika : c'est un point à faire vérifier par le notaire pour tout terrain hors de la ville.

Ce qu'il faut régler avant de signer

1. La nature du titre

En médina, beaucoup de maisons sont encore sous melkia, l'acte traditionnel établi par des adouls, plutôt que sous titre foncier. Un étranger peut acheter un bien en melkia, mais la sécurité juridique n'est pas la même. Notre guide sur la melkia et le titre foncier détaille la différence et la procédure pour passer de l'une à l'autre.

2. L'origine et le circuit des fonds

Si vous achetez avec de l'argent venu de l'étranger, faites-le transiter par une banque marocaine et conservez les justificatifs de conversion en dirhams. Ce sont eux qui vous permettront, à la revente, de rapatrier votre capital. Le notaire vérifiera aussi l'origine des fonds au titre de la lutte contre le blanchiment.

3. La forme de l'achat

Nom propre, achat à deux, ou société : le choix a des conséquences sur la fiscalité de l'exploitation, sur la revente et sur la succession. Il se fait avec un notaire et un expert-comptable, avant le compromis, pas après.

Ce que l'achat ne donne pas

Être propriétaire au Maroc ne donne pas, par soi-même, un droit de séjour. Les règles d'entrée et de résidence dépendent de votre nationalité et de votre situation, indépendamment du bien. De même, la succession d'un bien situé au Maroc peut obéir à des règles différentes de celles de votre pays : c'est une question à poser au notaire dès le départ.

Les documents à prévoir

  • Passeport en cours de validité (et carte de séjour si vous êtes résident).
  • Justificatif de domicile et, pour une société, ses statuts et registre de commerce.
  • Relevés bancaires montrant l'origine des fonds.
  • Un compte bancaire au Maroc pour recevoir les fonds et régler le notaire.

Ce guide décrit le cadre général en vigueur en 2026. Il ne remplace pas le conseil d'un notaire, qui reste seul à même de valider une situation particulière.

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